BOUALEM TALATA

BOUALEM TALATA
Originaire de Dreux (28), Boualem Talata, fils de harki, dit "Boubou", "le Gros" ou encore "le petit blanc", né à la fin des années 60, a commencé sa route dans cette ville. D'abord dealer (activité qu'il ne quittera apparemment pas), il se lance par la suite dans le placement de machines à sous et noue des liens avec des voyous de la capitale, tel Marc Hornec ou Djilali Zitouni. Talata est un voyou prometteur qui a réussit à se faire une place de choix au sein du marché parisien des machines à sous, à la force du poignée. Sa loyauté et sa générosité le font apprécier des non-truands, et son courage et sa force physique le font craindre des voyous. N'ayant peur de rien, il n'a jamais craint de jouer des poings avec quiconque s'opposait à lui, même en cas d'infériorité numérique ou physique. Ce courage lui a permis de se forger une solide réputation dans le Milieu parisien et d'étendre son pouvoir sur toute la région de Dreux.

Boxeur de haut niveau, garde du corps et ami intime de Djamel Debouze (il protégeait aussi la famille Debouze contre des racketteurs venus de leur cité des Merisiers), fréquentant par ailleurs Samy Naceri, Talata a eut à faire démonstration de sa force et de sa hargne lorsqu'il travaillait pour le comique. Ainsi, le 2 janvier 2000, Djamel est hospitalisé à la suite d'une altercation avec des policiers et interdit à quiconque de l'approcher. Le champion du monde de kick-boxing Khalid El Qandili décide néanmoins de forcer le barrage que forme Talata. Ce dernier, n'hésitant pas une seconde, saute sur El Qandili pour lui mettre une râclée, allant juqu'à lui mordre l'oreille. Le champion du monde recule et abandonne l'idée de voir Djamel.

Par ailleurs, Boualem Talata est fortement suspecté d'avoir fait partie du commando de deux tueurs qui a assassiné Francis le Belge le 27 septembre 2000.

Mais le parcours de Boualem Talata, 32 ans, marié et père de trois enfants, est stopé net peu de temps après, le dimanche 19 novembre 2000. Ce jour-là, il se rend à la veillé funèbre d'un ami, Hakim Megherat, mort dans un accident de voiture. Lorsque Boualem Talata sort du domicile du défunt avec son frère Robert, avenue Kennedy, un commando lui tombe dessus. Au cours de la fusillade il est touché à la tête et son frère est grièvement blessé. Le premier décède peu après aux urgences de Dreux, le second est évacué par hélicoptère sur Rouen. Les meurtriers seraient des trafiquants de drogue de Dreux, les trois frères Djenane ( Amar, Kamel et Saïd, âgés de 25 à 36 ans à l'époque des faits). Il s'agirait d'un litige portant sur 200 000 francs que Boualem Talata n'avait pas remboursé aux trois frères. Ces derniers n'avaient sans doute pas saisi l'ampleur qu'avait pris "Boubou" au sein du Milieu. Sans doute la raison pour laquelle ils n'ont rien fait pour raccourcir leur mise en détention provisoire, se sentant sûrement plus en sécurité derrière les barreaux qu'à l'extérieur.

Boualem Talata était en passe d'être fiché au Fichier du Grand Banditisme.


Le rappeur MC Jean Gabin lui a rendu hommage dans son morceau "À Nos Chers Disparus" :

"Boubou, respecté et craint d'tous
mais on en oublie un facteur :
le Respect est l'résultat d'la peur
Le Gros, ne tenait jamais son dos
et la seule fois ce fut d'trop
On choisit sa vie mais pas sa mort
Venu enterré son cousin, il y trouva son assassin
Une ascenssion fulgurante, pour une fin détonante
Qui vie par les armes, meurt par les armes
Qui vie par l'épée, meurt par l'épée"

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# Posté le dimanche 07 novembre 2004 07:28

Modifié le lundi 18 juillet 2005 03:20

LE BRAQUAGE (PARTIE III)

LE BRAQUAGE (PARTIE III)
LE BRAQUAGE (1970-2000)


À la fin des années 60 et au début des 70, alors que les anciens voient le bon vieux mitan disparaître, les jeunes de la banlieue parisienne commencent à sortir de l'ombre. Ca frétille à Aubervillier, Montreuil, Vitry, Ivry, Athis-Mons... Ils ont fait leur classe loin du Milieu traditionnel, préférant monter sur les banques plutôt que de surveiller une fille. Avec le développement de la banlieue dans les années 60, les petites agences banquaires ont proliféré. Les jeunots commencent là, et se transforment bien vite en truands aguerris.


Et le coin qui fait parler de lui, c'est la banlieue sud. Des vocations y naissent, des générations de braqueurs vont s'y succéder, entretenant des liens familliaux ou se contentant d'un simple héritage moral. Après une première équipe qui a sévit en 1971 et 1972, on voit une deuxième génération apparaître dès '75. Certains noms se distinguent, comme Daniel Baumont et Gérard Dupré (première évasion de France par hélicoptère, et seconde du monde), ou Michel Lepage.


À partir de là, cette tendance parisienne va devenir à la mode et s'étendre dans toute la France, de Lyon à Bastia, en passant par Marseille, et bien d'autres villes encore...Le braquage devient alors (même s'il ne faut pas faire de généralité) la première étape à franchir pour percer. C'est la discipline idéale pour se faire un nom.


Dans les années 80, l'utilisation des armes de guerre se généralise, avec le bazooka, la Kalashnikov, le RPG lance-roquette, le Skorpio, le Uzi... Du coup, de plus en plus de grosses équipes apparaissent. Il y a Gros Fifi, d'Aubervilliers, le Gang des Postiches, de la Banlieue Sud, la Brise de Mer, en Corse...




Un Tournant décisif

Les années 90 marquent une nouvelle étape dans le braquage français, notamment avec l'arrivée fracassante des braqueurs issues des cités HLM.


Si les jeunes voyous de cité montent les échelons de la pègre avec les stups, c'est aussi à la force du poignée que les pégriots s'affirment et se distinguent. Les cités regorgent de braqueurs. Des connaissances, quelques calibres, quelques gros bras, et c'est partit. Une fois dans le bain, la réputation faite, les contacts pris en prison, la porte est ouverte pour rejoindre les équipes à tiroir. Il ne s'agit pas de groupes fixes, mais d'équipes qui se font et se défont au gré des affaires.

Un noyau central repère un bon coup à jouer, il réunnit les personnes nécessaires pour le réussir, le coup est fait, les gains partagés, puis chacun rentre chez soit. On demande vos services selon vos qualités : violent, audacieux, expert, calme, patient, nerveux, malin, courageux... Le Milieu des braqueurs est idéal pour se faire un nom, une réputation. On y voit des équipes régionnales, dont les membres viennent tous à peu près du même coin, ou des équipes transnationnales, mêlant sudistes et nordistes, jeunes et anciens...


Une autre grande nouveauté des années 90 est l'attaque de fourgon blindé. La violence, la détermination et la rapidité sont de mises pour réussir de tels coup. L'opération relève véritablement de l'action commando. Le blindage d'un fourgon ne résiste pas aux balles d'une Kalashnikov AK 47, et encore moins à un lance-roquette. Les voyous ont les armes nécessaires pour réussir des coups comme ceux-ci et ne s'en privent donc pas. De plus, les convoyeurs ripostent rarement, question de sécurité. Depuis 1995, les attaques s'enchaînent : dix en 95, quatorze en 96, trente-deux en 97, vingt-sept en 98, vingt-et-une en 2000...Et vingt-trois convoyeurs tués durant la décennie.


D'après la police, la meilleur équipe des années 90 reste la Dream Team, une équipe transnationnale mélangeant parisiens et sudistes (de Marseille, Perpignan et Manosque), dirigée par Michel Crutel, de la BS, lui même secondé par Stéphane Ley et Babar. Il y a aussi Pepito, un braqueur de l'Oise dirigeant une équipe composée uniquement de gitans, ainsi qu'Antonio Ferrara, du Val-de-Marne, Joseph Menconi, de Corse... À Marseille sévit une équipe à tiroir qui regroupe des jeunes (ayant entre 19 et 25 ans) de Fontvert et de la Paternelle, deux cités des quartiers nord, dont la spécialité est le braquage de station-service et de bars PMU (70 braqués entre 2000 et 2002).

# Posté le lundi 25 octobre 2004 11:04

Modifié le lundi 04 avril 2005 11:38

LE BRAQUAGE (PARTIE II)

LE BRAQUAGE (PARTIE II)
LE BRAQUAGE (1939-1960)


Pendant l'Occupation, le mouvement amorcé suit son cours. Mais il s'agit plus de braquages de petite envergure, ciblant les commerces ou les entrepôts de tickets d'alimentation. Néanmoins, quelques coups feront du bruit, notament celui de la Banque du Crédit Industriel et Commercial de Paris, le 24 février 1941. Émile Buisson, Rocca-Serra, Abel Danos et Auguste Chave en sont les auteurs, pour un montant de 3 millions 750 000 francs.






À la Libération, le braquage explose. Il faut dire que les voyous sont équipés pour : de 1942 à 1945, 4 millions 200 000 armes diverses ont été parachutées sur le territoire français. Il faut en plus y ajouter les 1 million 500 000 abandonnées par l'armée allemande, et autant par les alliés.

Les anciens collabos n'ont plus grands choses à perdre et les anciens résistatnts, ayant appris le combat, n'ont pas tous envie de lâcher le fusil. Il faut y ajouter tous les jeunots (n'appartenant pas obligatoirement au Milieu et même souvent issus des classes moyennes) enfouraillés jusqu'aux oreilles, avec la fougue de la jeunesse et le besoin d'action à leur côté.

La panoplie de ces nouveaux braqueurs est souvent la même : mitraillette Sten ou MP40 à la main et traction avant comme moyen de transport. Les cibles les plus visées sont les banques, suivits de près par les fourgons. La bande de Pierre Loutrel, dit Pierrot le Fou, (voir l'article sur les meilleurs braqueurs depuis 1945) s'est fait une spécialité de ces derniers. Sa bande est d'ailleurs largement représentative de l'époque, mêlant collabos et résistants, parisiens et marseillais, toulousains et niçois... L'autre grande équipe de l'époque est celle d'Émile Buisson (voir l'article sur les meilleurs braqueurs depuis 1945), ennemie public numéro 1, qui allie violence, sang-froid et sens de l'honneur.


Lourdements armés, les voyous n'hésitent pas à faire usage de leurs armes. En face, les forces de l'ordre répondent sans ménagement. Pendant les années d'après-guerre, nombre de gangsters et de policiers vont trouver la mort au cours d'opérations de petite ou grande envergure. À Paris, à Lyon, à Marseille, à Nice, les balles pleuvent... Le nombre d'affaires est impressionant (72 000 dans le département de la Seine pour les seuls 6 premiers mois de 1945).




Les braqueurs forment une caste à part et travaillent toujours en cercle fermé. Même si beaucoup de proxénètes se joignenet aux équipes, le genre reste aux mains des spécialistes. Du coup, même si on a d'abord commencé par admirer ces nouveaux voyous, les caïds se mettent bien vite à ne plus apprécier les braqueurs. Leurs actions sont trop bruillantes et sont gênantes pour les affaires, amenant la police à fouiner dans les bons vieux bizness malfrats.




Cette période faste du braquage va durer 10 années. Vers la moitié des années 50, le braquage commence à être moins prisé, à cause des prises de risque qu'il nécessite et de la pression des caïds. Dans les années 60, il est même presque rasé de la carte du Mileu... Mais la décennie 70 va marquée son grand retour...

# Posté le dimanche 17 octobre 2004 06:51

Modifié le samedi 12 mars 2005 04:33

LE BRAQUAGE (PARTIE I)

LE BRAQUAGE (PARTIE I)
LE BRAQUAGE (1918-1939)


Le premier braquage célèbre qui eut lieu en France est celui de la bande à Bonnot, le 21 décembre 1911. Ce jour-là, Bonnot et ses complices (Octave Garnier, Raymond Caillemin, Edouard Carouy et quelques autres) se cachent près du siège de la Société Générale du XVIIIe, et attendent que l'encaisseur chargé de transporter l'argent sorte. Quand celui-ci apparé, en pleine journée au milieu de la foule, les bandits arrachent sa sacoche et le tue à bout portant, puis s'enfuient en tirant des coups de feu en l'air pour appeurer les passants.




Mais par la suite, très peu de truands se lancent dans le braquage. Il faut attendre les années 20 (et la banalisation des armes à feu dans le Milieu grâce à la Première Guerre Mondiale) pour le voir se développer. Ceux qui en ont assez de maquer des filles et qui veulent de l'action et de l'argent réunissent les copains et les armes, préparent le coup puis passent à l'action. Dans ce genre d'activité, la voiture est indispensable pour fuire rapidement. Les banques ne sont pas très ciblés, on leurs préfère les bureaux de poste, les théâtres, les entreprises...Et si au début le braquage n'est qu'une activité occasionnelle, on voit assez vite des bandes se spécialisées dans cette branche.


Les grands spécialistes du genre sont les lyonnais. Dès 1920 ils s'y mettent, et c'est surtout à Paris qu'ils font des ravages (menés entre autres par Edmond Dufournet, André Quarteron dit Dédé le Stéphanois et Louis Charvon). Deux fois par mois, les jours de paie, les Lyonnais sont postés devant les banques. Dès leur ouverture, ils guettent les allés et venues des livreurs. Lorsque l'un d'eux se montre la sacoche pleine, il est suivit. Les gangsters repèrent la voiture, l'heure et l'importance de l'usine (pour deviner la taille du pactole). L'opération est répétée deux fois encore, histoire d'être sûr, et l'affaire est tapée à la quatrième sortie.


Autres spécialistes : les Corses de Marseille, spécialisés dans l'attaque de convoyeurs de fonds. Depuis que le 21 novembre 1928 Griffault, dit la Griffe, et ses cinq complices ont braqués les trois encaisseurs du Crédit Foncier, cette spécialité a explosé dans la ville phocéenne. Tous les mois, les gangsters du Vieux-Port partent à la chasse au butin. La technique est toujours la même : bloquer le véhicule des convoyeurs, arracher leur sacoche remplit de billets, puis tirer dans leurs pneus avant de s'enfuire. Pour répondre à l'hécatombe, une brigade spéciale de protection des transports de fonds est créée en 1934 dans la ville. Mais c'est trop tard : l'attaque est en vogue.


Pour voir les braquages de banque débarquer, il faut attendre le 29 décembre 1937 et le légendaire braquage de la Banque de France à Troyes. Il est l'oeuvre de lyonnais : Charles Desgrandchamps, dit Charlot les Grands-Pieds, le jeune Émile Buisson (futur ennemie public numéro 1), Émile Courgibet et Henri Shlick, dit Riton le Lyonnais. Le coup rapporte 1 million 800 000 francs, une somme énorme pour l'époque.





Bientôt commence l'Occupation, puis la Libération, qui marque l'explosion du genre.
Vous pourrez lire tout ça dans.........LES MÉTIERS DU MILIEU : LE BRAQUAGE (PARTIE II)!!!!!!!!




Bientôt...

# Posté le jeudi 07 octobre 2004 13:54

Modifié le samedi 12 mars 2005 04:33

LES GUÉRINI (PARTIE III)

LES GUÉRINI (PARTIE III)
PARTIE III : LE DÉCLIN













L'affaire du Grand Cercle

En 1959 Robert Blémant (qui a été démis de ses fonctions à cause de ses liens avec le Milieu) obtient l'autorisation d'exploiter les grands jeux. De gros profits s'annoncent, mais pour garantir les gains des joueurs, il faut une banque solide. Et Blémant n'a pas les moyens de la fournir à lui seul. Il fait donc appel à Antoine Guérini, qui saute sur l'occasion, à Gilbert Zenatti (non truand), Antoine Peretti, Jean-Baptiste Andréani et Marcel Francisci pour investir dans le Gand Cercle.

Malheureusement, ce bel ensemble va se fissurer en février 1960. Cette année-là, espérant la chute de ses associers pour être le seul à reigner sur le jeu parisien, Andréani demande à se retirer de l'affaire et à être remboursé de son investissement. Si les associés ne le peuvent pas, Andréani prend la majorité des parts de la banque. Ils paient donc. Mais un mois après, Zenatti se retire à son tour car interdit de cercle. Puis Peretti demande à son tour le remboursement de son capital, et se retire sans problème. Robert Blémant et Antoine Guérini sont sur la touche. Andréani revient alors en force et s'oppose à Francisci, à qui il ne laisse que dix pour cent de sa participation initiale. Les deux hommes vont se livrer une guerre, appelée la "guerre des jeux", qui fera huit morts.

De son côté, Antoine a perdu des sommes énormes dans cette histoire.


Le Pouvoir se perd

C'est à partir de cet échec financier que commence le déclin du clan. Les Guérini vieillissent et ne sont plus dans l'air du temps. Mémé ne veut plus entendre parler de milieu et Antoine sombre petit à petit dans une espèce de folie causé par l'obsession de l'affaire du Grand Cercle. Bien sûr, ils préservent leur empire et sont toujours respéctés. On continue de les consulter pour tel ou tel histoire, on leur demande de faire jouer tel ou tel relation pour tel ou tel affaire... Mais ils ne contrôlent plus rien. Ils se contentent de gérer tranquillement leurs établissements sans se soucier de ce qui se passe à Marseille ou ailleurs. De plus, ils ont refusé de trop investire dans la came, alors que tout le monde s'y est mit. Par ailleurs, leurs soutiens politiques les lâchent.


L'Empire tombe dans une mare de sang

Robert Blémant deviant une obsession pour Antoine Guérini. Il a le sentiment que l'ancien commissaire fait son oseille sur le dos du clan, et qu'un jour ou l'autre il s'attaquera directement aux Guérini. Il décide donc, malgré le désaccord de Mémé, de le liquider. Le 4 mai 1965, Blémant est fauché par les rafales de deux mitraillettes tirées depuis une voiture. Tout le Milieu a désaprouvé cette action. Blémant était l'un des piliers du Milieu marseillais et connaissait beaucoup de monde, que ce soit dans le sud ou à Paris. Cela aura pour concéquence de mettre définitivement les Guérini sur la touche.

Colombani, l'un des tireurs, est abattu en février 1966 en sortant de chez sa mère. Le chauffeur est descendu la même année, en Espagne. Quand au deuxième tireur, il s'agit d'Antoine Mondolini, le fils naturel de Mémé Guérini, en prison au moment des assassinats de ses complices. Les vengeurs de Blémant attendront sa sortie de prison, en décembre 69, pour le poignardé dans sa chambre d'hôpital, alors qu'il est dans le coma.

Le 23 juin 1967, Antoine Guérini va faire le plein de sa mercedes à Marseille, accompagné de son fils. Soudain, deux hommes casqués surgissent sur une grosse cylindrée rouge. L'un d'eux saute à la volée, s'approche de la voiture et tire quatre coups sur le pare-brise côté passager. Il passe la main à travers la portière dont la vitre est baissé et tire encore. Onze balles de 11.43 ont traversées le coeur du seigneur de la pègre. Les auteurs de cet assassinat ne sont pas obligatoirement des vengeurs de Blémant. Certains désignent Tany Zampa, en passe de devenir le nouveau parrain de Marseille, comme étant le commanditaire et Jacky le Mat l'exécutant.

Pendant l'enterrement d'Antoine, deux voleurs inconscients ont cambriolé la somptueuse villa du défin. Lorsqu'ils apprennent à qui ils ont réelement affaire, l'un part se réfugier dans son pays natal d'Espagne (après un tabassage de la part des hommes de main des Guérini) et l'autre est tué de huit balles dans le corps. Bien que les apparences soit contre Mémé Guérini, il n'aurait pas tué le cambrioleur (à mettre au conditionnel, car étant donné que c'est sa fille qui affirme cela, l'objectivité du propos est toute relative). Il s'agirait en réalité d'une sombre magouille dont les acteurs principaux seraient haut-placés.

Mémé, Pascal et François Guérini sont arrêtés quelques jours plus tard. Pascal meurt d'une crise cardiaque à la prison des Baumettes. Le 15 janvier 1969, Mémé est condamné à vingt ans. Atteint d'un cancer, il est libéré en conditionnelle le 4 mars 1978. Il meurt en 1982 à la Valette, une clinique privée de Montpellier.



À lire : La Saga Guérini de Marie-Christine Guérini (la fille de Mémé), publié chez Flammarion.

# Posté le jeudi 02 septembre 2004 13:42

Modifié le jeudi 09 juin 2005 08:18