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Le Milieu du Grand Banditisme Français

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lunik-parrain

Description :

Claude le Gros, Francis le Belge, les Gazianni, les Guérini, les Zemmour, Boualem Talata, Jacky le Mat, Tany Zampa, les Hornec, Marc Monge, Paul Mondoloni, Jo Renucci, Paulo Leca, Ahmed Otmane, Karim Reguig, Paul Carbone, François Spirito...

Pas tout le Milieu, mais de quoi en savoir un minimum sur certaines personnes qui ont écrite des pages importantes d'un livre qui n'est pas près de se refermer. Un livre fait d'amitiés et de trahisons, de guerres fratricides et d'affrontements claniques, de violence et de règlements de compte, d'armes et d'argent sale, de strass et de paillettes, de luxe et de prison, de gros voyous et de "beaux mecs", de caïds et de seconds couteaux, de parrains et de juges de paix, de plaisir et de regrets... de beaucoup de regrets...

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PAULO LECA

PAULO LECA (1905-1966)










De l'Or dans le Train et dans les Mains

Paul Leca est né le 14 mai 1905 à Valle-di-Mezzana, en Corse du sud. Embarqué pour le continent, il atterrit à Marseille. Il y trempe très jeune dans divers trafics, notamment celui des faux billets, ainsi que dans le vol, et se fait remarqué dans le quartier de Saint-Jean. Il en devient l'un des caïds.

En 1936, son nom est cité dans des affaires de vol, et en 1938 dans une très grosse affaire : celle du train de l'or. Les premiers traits de l'affaire ont été tracés à la Centrale de Nîmes. Le coup réunit deux bandes de Marseille, l'une venant de la Belle-de-Mai, emmenée Paul Pedusi et comptant dans ses rangs Gu Méla, l'autre de Saint-Jean, ayant pour chef de file Paulo Leca. Au total, on compte seize participants. Une nuit de septembre 1938, un train transportant 180 kilos d'or, des diamants et des rubis bruts, entreposés dans un wagon blindé gardé par deux homme armés, quitte la gare Saint-Charles à Marseille. Tout juste quelques minutes après son départ, le train s'arrête bizarrement à hauteur de Saint-Barthélémy. Les hommes d'équipage descendent du train pour voir ce qui se passe. À peine descendus, ils sont mitraillés. Une partie des braqueurs les met en joue tandis que d'autres chargent l'or et les diamants dans une camionnette. Quelques temps plus tard, quelques participants venus de la Belle-de-Mai sont arrêtés. Les autres, sentant le vent tourné, se réfugient à Paris.


Paulo Leca, lui, décide de régler son compte à Attilio Deci, venu de la Belle-de-Mai et ayant participé au coup du train de l'or, à cause d'un vieux contentieux à propos de faux billets. Pour se faire, il lui propose de s'associer avec son équipe le temps d'une affaire. À peine arrive-t-il à ses côtés que Paulo le remplit de plomb. Ses amis balancent le cadavre de Deci à la mer.

Fin 1940, Paul Leca est interné au camp de Mauzac, et revient à Marseille en 1943, en partie libéré grâce à son amitié avec le parrain Paul Carbone. À Marseille, il devient l'un des principaux imprimeur de faux tickets d'alimentation et travaille pour les services, volant à l'occasion pour leur compte des documents militaires à la marine allemande. À la libération, Leca est accusé de collaboration. Le patron de la Sûreté, Pierre Berteaux, que Leca a rencontré à Mauzac, intervient et l'innocente.



Un Gros Poisson

À la Libération, Paulo Leca est devenu un très gros poisson, lié à de nombreuses figures du Milieu et ayant des relations policières à un haut niveau qui le protégeront longtemps. Ayant toutes les apparences de la respectabilité, possédant des participations dans des bars niçois, Leca affiche un mode de vie de nabab, costumes coûteux sur le corps et porte-cigarettes en or à la bouche.

Après la guerre, il pille les châteaux, trafique les faux dollars et les cigarettes de contrebande. Il excelle dans ce dernier secteur et devient l'un des plus gros trafiquants de cigarettes de Marseille, peut-être même le plus gros juste après Jo Renucci. Son superbe yatch, l'Éliette, sert à son équipe pour faire la navette entre Tanger et Marseille, les cales du bateau remplit de blondes. En décembre 1949, deux tonnes de cigarettes de contrebande sont saisies dans un camion près de Marseille. Leca est confondu quelques semaines plus tard. Son yatch est saisi. Lui est condamné à une amende de 130 millions de francs et trois ans de prison par contumace. Paulo Leca est en effet en cavale. Mais pour une autre affaire. Celle des bijoux de la Bégum, le coup le plus fameux des années d'après-guerre..

Le 3 août 1949, aux alentours de midi, sous un soleil tapant, une Cadillac transportant l'Aga Khan, père spirituel des Ismaéliens (secte musulmane) et l'un des hommes les plus riche au monde, accompagné de sa femme, la Bégum, élue Miss France en 1930, quitte une luxueuse demeure du Canet pour se rendre à l'aéroport de Nice. Un cycliste ralentit d'abord la voiture. Un peu plus loin, elle est bloquée par une traction arrêtée au milieu de la route, et dont le chauffeur fait mine de se soulager sur un mur. Brusquement, il se retourne et braque une mitraillette sur les occupants de la Cadillac. Deux autres hommes, portant des bérets basques et des lunettes de soleil, surgissent de la traction et s'emparent, sous la menace de leurs armes, du sac rouge de la Bégum, remplit de bijoux, dont la Marquise, un diamant 22 carats. L'Aga Khan est délesté de son portefeuille. Avant de prendre la fuite, les bandits prennent soin de crever les pneus de la Cadillac. Le montant du casse s'élève à 213 millions de francs, un record pour l'époque. On parle de "Casse du Siècle".

L'organisateur de l'affaire n'est autre que Paul Leca, secondé par un autre homme de poids, Charles Vincéleoni. C'est un américain retraité proche de la femme de ménage de la Bégum qui a apporté le coup à Leca. Le cycliste chargé de ralentir la Cadillac est Barthélémy Ruberti. Les trois braqueurs sont François Sanna, dit Chois, Jacques Bennedetti et Paul Mondoloni. Quand au chauffeur de la traction, il s'agit de Roger Sennanedj. Grâce à la batterie du véhicule, la police identifie ce dernier. Mis indirectement au courant par la presse, les membres de l'équipe l'élimineront avec sa compagne en Suisse par précaution, alors que la police est sur ses traces.

L'enquête n'avance pas. Jusqu'au jour où Jean-Thomas Giudicelli, homme respecté dans le Milieu mais indicateur invétéré, donne les noms de Ruberti et Sanna, en 1950. De leur côté, les deux compères arrêtés balancent toute l'équipe. Michel Nicoli, juge de paix du Milieu marseillais et oncle de Mondoloni, conseille à l'équipe de restituer le butin du casse pour alléger les charges qui pèsent contre eux. Ainsi, le 26 février 1950, la magot est mystérieusement déposé devant une porte du principal commissariat de Marseille. Leca prend la fuite en Camargue puis à New-York tandis que Mondoloni paye sa caution et s'enfuit à Cuba. Au procès, en juin 1953, Sanna est condamné à dix ans, Benedetti à huit ans et Ruberti à six ans. Vincéleoni, pour sa part, est acquitté tandis que Leca et Mondoloni sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité par contumace.

Mais l'affaire de la Bégum ne s'arrête pas là. À sa sortie de prison, se sentant lésé par la restitution du butin conseillée par Michel Nicoli, Jacques Benedetti abat ce dernier pour son conseil inutile le 14 juillet 1958. En 1976, il est lui-même abattu sur ordre de Paul Mondoloni, neveux de Nicoli. Entretemps, en juillet 1960, Jean-Thomas Giudicelli est tué d'une rafale de mitraillette, sans aucun doute pour l'une de ses dénonciations, peut-être pour celle concernant l'affaire de la Bégum.

Paulo Leca, lui, quitte New York en août 1960 pour la France et s'y constitue prisonnier. Jugé en novembre 1961, il bénéficie grâce à son ami Pierre Berteaux, patron de la Sûreté, de "circonstances atténuantes" et est condamné à deux ans de prison et au versement d'une amende de 91 millions de francs. Ayant déjà purgé dix-huit mois de détention préventive, il sort libre. Coulant une retraite paisible dans sa propriété de Sainte-Marguerite, il meurt dans son lit en février 1966.

ARTICLE SUR LE CASSE DE LA BEGUM
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#Posté le mercredi 25 mai 2005 08:02

Modifié le mercredi 25 mai 2005 08:30

JO RENUCCI (DEUXIÈME PARTIE)

JO RENUCCI PARTIE II

































De Salicetti à Planche, les corps tombent

Mais la carrière de Renucci va aussi être entrecoupée de retentissants règlements de compte. Jo est en effet mêlé aux deux vendettas qui ont le plus secoués le Milieu des années 40 et des années 50.

En décembre 1945, Ange Salicetti, dit le Séminariste, déjà double assassin (c'est lui qui a tué l'un des frères Graziani en 1937), lance une offensive contre des tenanciers de Paris. Après deux victimes des balles de Salicetti, l'équipe adverse contre-attaque. Le Séminariste, homme de poids de Montmartre, sait qui est de son côté et sait surtout qui est contre lui, conscient qu'on l'apprécie peu. Il prépare sa vengeance. Ainsi le 19 juillet 1946, à la sortie du Hollandais, quatre hommes sont visés par des coups de feu. Un homme est tué, Jacques Morazzini, et trois autres sont blessés, dont Nick Venturi. Ce dernier connaît beaucoup de monde. Ses proches sont près à l'épauler, Jo Renucci en tête, suivit de "Planche" Paolini, qui va faire plus tard parler de lui dans une autre vendetta, et de François Lucchinacci, dit le Notaire. Les corps ne vont cesser de tomber.

Sans qu'on ne sache trop pourquoi, Ange Salicetti voue une haine sans limite à Jo Renucci, bien plus qu'à tous les autres ennemies qu'il s'est fait. Le 20 janvier 1949, Jo dîne avec le député gaulliste du RPF Raulin dans un grand restaurant de la rue Mac-Mahon. Le député lui propose de le ramener, ce qu'il refuse. La traction de Raulin est alors mitraillée et la secrétaire de l'homme politique tuée. Les tireurs l'ont confondu avec Renucci, car étant du même gabarit que celui-ci. Le 28 août de la même année, épaulé par Nick Venturi et Antoine Paolini, Jo Renucci décide de se venger. Alors que Salicetti rentre de l'enterrement de Mathieu Costa, caïd ami des Guérini qui a été poignardé, sa voiture est mitraillée dans le tunnel de la porte de Champeret. Il s'en sort vivant, mais son cousin est blessé et ses deux gardes du corps tués.

Le 3 décembre 1950, celui qui a fait trembler le Milieu pendant cinq années est enfin abattu, malgré sa très grande prudence et toutes les précautions qu'il prenait. Ce soir-là, à deux heures et demi du matin, alors qu'il rentre chez lui en banlieue parisienne dans sa BMW avec sa femme, une voiture surgit du boulevard d'Indochine et des coups de feu sont tirés. Ils atteignent Salicetti en plein front.

Quelques années plus tard, une autre vendetta va secouer le Milieu. Et là aussi Renucci y joue un rôle de premier plan. Elle concerne le trafic de cigarettes. En 1952, Antoine "Planche" Paolini aurait escroqué ses associés de plusieurs centaines de cartouches de cigarettes provenant du bateau le Combinatie. Et en 1955, il essaye de tuer un truand corse revenu au pays depuis quelques années, "Jean-Jean" Colonna, qui avait pourtant comme intention de calmer le jeu. Amputé des deux jambes après avoir reçut une rafale de mitraillette, il survit. Mais la guerre est lancée. Jo Renucci, Jean Colonna, Nick Venturi et Marcel Francisci, soutenus par les Guérini, se lèvent contre Planche. Les fusillades se multiplient et une grande partie des proches de Planche y passent.

Ce dernier se sent traqué et abandonné, et il n'a pas tort. Le 4 novembre 1955, deux de ses poulains poussés par les Renucci et compagnie le trahissent et l'exécutent de vingt balles. Ce qui ne met pas pour autant fin à la vendetta. Jean-Jé Colonna va en effet se venger de la mort de son père, Jacques, tué uniquement pour son lien de parenté avec "Jean-Jean". Il lui faudra dix ans...

Chacune de ces deux vendettas aura laissé près d'une quinzaine d'hommes sur le carreau.



Jo Renucci au sommet de sa gloire

Vers 1949-1950, Lucky Luciano et Meyer Lansky passent divers séjours en France. Il semble clair qu'ils y ont organisé des réunions avec Antoine Guérini et Jo Renucci afin de mettre sur pied un important trafic d'héroïne. Jo a en effet une adresse à New York sous un nom d'emprunt, sans doute pour s'occuper de la bonne marche des opérations. Il est aussi lié au chimiste présumé de l'organisation, Gaston Roussel. Divers services de police français, et parfois américains, s'accordent à dire que Renucci est l'un des plus gros trafiquants de drogue et de cigarettes américaines des années 50.

Pendant cette période, Jo Renucci est au sommet de sa gloire. Il s'affiche en homme d'affaire, fréquente les politiques, tient plusieurs établissements : un bar dans le VIIIe arrondissement à Paris, un autre à Marseille, copropriété de Robert Blémant, un salon de thé et une maison de disque qui diffuse entre autres Fernandel. Survivant de deux vendettas, il se montre très vigilant, craignant des vengeances. Installé à Casablanca depuis 1952, il est entouré de gardes du corps lourdement armés. Malgré une saisie de cinq tonnes de cigarettes de contrebande, en juin 1950, issues d'un trafic attribué à Renucci, ce dernier déclarera : "je ne suis pas un trafiquant. Je suis un commerçant qui paie des impôts et qui est soumis aux lois. Je vends des cigarettes? D'accord. Mais je vends aussi des filets de pêche. À Tanger, tout est en vente libre. Quand je vends un chargement de blondes, est-ce que j'ai à savoir où elles vont être expédiées? Je suis payé cash. Cela me suffit". Officieusement proclamé "roi du non-lieu", le trafic de cigarettes et de drogue lui permettront de prospérer jusqu'à la fin de sa vie.

Grâce à ses liens, Renucci se rapproche du SDECE. Il fréquente en effet à Casablanca Antoine Méléro ou encore Alexandre de Marenches, travaillant pour le SDECE. Jo Renucci est soupçonné d'organiser dans la région un trafic d'armes avec l'Istiqlal, l'un des partis nationalistes marocains les plus virulents. C'est pourquoi il est contacté assez tôt par la Main Rouge, une organisation contre-terroriste derrière laquelle se cache la SDECE, chargée de l'élimination de certains nationalistes marocains et tunisiens et de l'arrestation de leurs vendeurs d'armes. L'organisation active donc Jo Renucci, très au courant de tous les trafics qui se déroulent en Méditerranée, pour des missions d'infiltration des livraisons d'armes. En échange de quoi on détourne les yeux de ses activités.

Jo reste par ailleurs très impulsif, comme il l'a montré au cours des deux vendettas qu'il a traversé. Ou encore en 1957, année durant laquelle il aurait abattu des hommes du FLN algérien, à Paris, qui avaient mitraillé un bar tenu par des amis corses. L'année suivante, Jo Renucci va rendre l'âme. En novembre 1958, âgé de cinquante ans, il meurt d'un cancer dans son appartement du XVIIe arrondissement, à Paris. Fin de parcours pour ce truand multicartes, caïd de Marseille, Paris et Tanger, pilier des trafics méditerranéens.



Plus tard arrivera sûrement un article sur la vendetta Salicetti, et peut-être aussi des articles sur la vendetta du Combinatie et le trafic de cigarettes.
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#Posté le dimanche 08 mai 2005 06:08

Modifié le lundi 04 juillet 2005 14:39

JO RENUCCI (PREMIÈRE PARTIE)

JO RENUCCI (Partie I)




Petit Jo deviendra Grand

Jo Renucci, un mètre soixante deux seulement. Oui, mais un mètre soixante deux de nerfs et d'intelligence.

Né le 6 juillet 1908 à Marseille de parents corses originaires de Zicavo, le bègue Joseph Antoine Renucci a très tôt une attirance pour les armes à feu. Vu sa corpulence, il n'a en effet guère la possibilité de s'imposer par les poings. Portant toujours un calibre sur lui (et ce jusqu'à la fin de sa vie), il est arrêté en janvier 1928 pour port d'arme à Saint-Éloi-Les-Mines. Cinq mois plus tard, il est soupçonné de vol à Marseille et relaxé faute de preuves. Premier non-lieu d'une liste qui ne va cessée de s'allonger.

Lorsqu'il commence à travailler pour Carbone et Spirito, en 1929, alors âgé de 21 ans, on lui prête déjà deux meurtres. Le petit Jo est craint. Ce qui en fait une recrue de choix pour le duo marseillais qui a entrepris de mettre la main sur les maisons de la côte. Jo Renucci et Paul Carbone ont par ailleurs un lien de parenté: chacun de leur frère est marié à une Salducci (Francine et Françoise). Le frère de Jo, Noël, grand spécialiste des jeux dans la région, a d'ailleurs commencé à travailler pour Carbone avant lui, au même titre que son autre frère Barthélémy. Et par l'intermédiaire de Noël, Jo va nouer des liens avec l'ancien président Fernand Buisson, dont le protégé, M. Rouvier, sera élu aux Goudes, petit port de pêche au sud de la ville. Les hommes de main de Renucci encadrent alors les radicaux.

Rusé, prudent, malin et nerveux, Jo Renucci enchaîne les braquages pendant les années 30. Souvent soupçonné, jamais condamné. Les seules affaires où on pourra prouver sa culpabilité concernent le port d'armes et le vol. Soit des condamnations à quelques mois de prison seulement. Pour le reste, on le soupçonne dans divers affaires, notamment celles de la trésorerie générale d'Aubagne, du Crédit Lyonnais de Bignolles, du courrier postale d'Antibes, des encaisseurs de Nice, du braquage de Toulon... Ce dernier, perpétré contre un transporteur de fonds de l'entrepôt de tabac de Toulon en décembre 1939, aurait permis à Jo d'empocher 320 000 francs de l'époque. Mais une fois de plus, il a un alibi en béton. Il fera tout de même un an de préventive en 1934 pour le braquage d'un encaisseur à Alger avant d'être innocenté.

Officiellement importateur d'agrumes en 1935, Jo Renucci devient (officiellement toujours) représentant en champagne en 1940 tandis que son frère Noël est patron de la boîte le Dan's.



De la Résistance au Trafic de Blondes

À l'armistice, comme nombre de gangsters marseillais, Jo Renucci est interné au camp de Sisteron. Il en sort un peu plus tard grâce à son très épais carnet d'adresses. Grand joueur de casinos, il est interdit de jeu en 1942 pour avoir triché au casino de Monte Carlo. Courant 1943, il se tourne vers le camp des occupants et y rejoint Carbone et Spirito, avant de se mettre au service de la Résistance quelques mois plus tard, faisant partie des services de la sécurité des FFI et étant en relation avec les services secrets français en Afrique du Nord. Ce qui lui permet de croiser Robert Blémant ou Marcel Francisci, entre autres, et de se rapprocher des Guérini. Ainsi, Jo sera arrêté fin 1943 par la sécurité allemande pour ses liens avec la Résistance. Il fait jouer ses relations malfrates et s'en sort sans trop de dommages. À la Libération, il prend plus ou moins part aux combats aux côtés des FFI.

Monter à Paris, Jo Renucci se rapproche du MRP au printemps 1945, rencontrant certains de ses dirigeants à Paris. Se liant d'amitié avec des députés RPF, Antoine Chalvet et Étienne Rolin-Laboureur, Renucci adhère au RPF en 1947, tout en gardant des liens avec les services secrets.

Le 3 août 1949, le même jour que l'affaire de la Bégum, Jo Renucci organise un gros coup avec René le Capitaine et quelques autre truands, qui ne toucheront que des miettes : le braquage d'un transporteur de fonds qui relie la Banque de France d'Aix à une succursale de Marseille, pour un montant de 25 millions de francs. L'affaire avait d'abord était indiquée à Antoine Guérini, dont l'équipe avait échoué à plusieurs reprises. La même année, Jo est cité dans une retentissante affaire de vol de bons du Trésor, à Arras, au même titre que le député Antoine Chalvet. Le butin est évalué à 100 millions de francs. Mais là encore, Renucci passe entre les mailles du filet.

En ces années, c'est surtout au trafic de cigarettes américaines que Jo s'intéresse. Le très lucratif trafic des cigarettes américaines de contrebande est tombé aux mains des truands vers 1946-1947, et va faire leur richesse jusqu'en 1956. La plaque tournante du trafic, Tanger, accueille durant cette période toute la pègre méditerranéenne. Dans ce panier de crabe, Jo Renucci va se détacher du lot et devenir sans doute le plus gros trafiquant de cigarettes, précédé de très près par une poignée d'autres contrebandiers, dont entre autres Paul Leca. À Tanger, devenu la base arrière du caïd, Jo Renucci s'impose comme un chef incontestable, trafiquant toute sorte de produits. Le trafic de blondes restant néanmoins son activité centrale. Mémé Guérini dira lui-même plus tard du trafic de cigarettes : "la contrebande ça n'était pas de tout repos! Cela se passait souvent sans problème, mais quand ça dérapait, fallait avoir du doigté".

Ayant des contacts à Marseille, en Corse, à Beyrouth, en Afrique du Nord, et des liens avec le parrain new-yorkais Lucky Luciano (avec qui il s'entend à merveille), Jo Renucci va organiser la contrebande de cigarettes pendant le seconde moitié des années 40. Avec des associés solides, et pas n'importe lesquels : Lucky Luciano et les Guérini. Ensemble ils dépêchent Nick Venturi et Antoine Paolini, dit Planche pour sa maigreur, qui ne sont pas eux non plus des petites frappes. Sur Tanger, Renucci est associé à d'autres poids lourd du Milieu, comme Robert Blémant, Paul Leca ou Marcel Francisci.





LA DEUXIÈME PARTIE DANS UNE SEMAINE
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#Posté le lundi 02 mai 2005 13:32

Modifié le vendredi 06 mai 2005 09:31

PAUL MONDOLONI, parrain de l'ombre

PAUL MONDOLONI



Le Casse de la Bégum lance le "Petit Paul"

Paul Damien Mondoloni, né le 27 septembre 1916 à Sartène, se fait connaître pour la première fois à Paris, sous l'Occupation, où il trafique les tickets. Attrapé, il sera condamné à dix ans de travaux forcés et envoyé à la centrale d'Eysses, d'où il s'évade en 1944. C'est aussi à Paris qu'il fait la rencontre de Jean-Baptiste Croce avec qui il fera plus tard les quatre cent coups.

En attendant, en 1949, "Petit Paul" comme on l'appel va participer au coup le plus fameux des années d'après-guerre, réunissant plusieurs pointures du moment. À cette époque, Paul Mondoloni s'est déjà fait remarqué dans le Milieu par son étonnant sang-froid. Le 3 août 1949, la Cadillac transportant l'Aga Khan, l'un des hommes les plus riche du monde et chef spirituel de la secte musulmane des Ismaéliens, et son épouse, la Bégum, est stoppée par une traction garée au milieu de la route. Des hommes armés en surgissent et prennent possession du sac de la Bégum, dans lequel se trouve des diamants d'une très grande valeur. Le montant du braquage s'élève à 213 millions de francs, un record. L'affaire, organisée par un gros poisson du Milieu marseillais, Paul Leca, va faire grand bruit. Tous les membres de l'équipe seront identifiés et condamnés, à l'exception de Sennanedj, abattu par les autres auteurs du casse avec sa femme car découvert trop tôt (ce qui n'empêchera pas le reste de l'équipe de se faire pincer), et de Mondoloni. Ce dernier a en effet payé sa caution en 1952 et s'enfuit alors à Cuba. Il est condamné en 1953 aux travaux forcés à perpétuité par contumace.

Mais l'affaire de ce casse ne s'arrête pas là. Elle a fait naître chez certains de ses participants de sérieuses ranc½urs, et en particulier chez Jacques Benedetti. Condamné à huit ans de prison, ce dernier décide de se venger. Une fois libre, il abat Dominique Nicoli, oncle de Mondoloni, le 14 juillet 1958 sur la terrasse de sa brasserie du Vieux-Port. Les explosions du feu d'artifice ont couvert le bruit des coups de feu. Nicoli avait pour tort d'avoir donner un conseil qui causera de sérieuses pertes à Benedetti dans le cadre de cette affaire. De plus, son lien de parenté avec Mondoloni, qui, lui, a empoché une grosse somme et qui en plus n'a pas fait de prison, accentue la rancune de Benedetti. Qui s'avère tenace. Condamné pour le meurtre de Nicoli, Benedetti ne sort de prison qu'en 1975 et passe voir Mondoloni à Sartène en 1976 pour lui demander des comptes. Le ton monte et Mondoloni se fait tirer dessus. L'autre aurait mieux fait de ne pas le rater : il est abattu quelques temps plus tard, en avril, de vingt balles de 11,43.



Avec Croce et Bistoni dans la Poudre

Fin 1952, Paul Mondoloni est envoyé au Mexique avec Jean-Baptiste Croce par son mentor Ansan Bistoni, dit l'Aga Khan (comme l'Ismaélien). Là, ils doivent rejoindre Antoine D'Agostino, ancien collabo, pour l'aider à monter une nouvelle filière pour le trafic d'héroïne. D'Agostino a en effet du mal à envoyer de la poudre vers les États-Unis depuis l'arrestation de ses deux principaux associés, Joseph Orsini et François Spirito. Il apprend aux deux nouveaux venus dans le monde de la drogue les rouages du trafic.

Mais les inséparables Croce et Mondoloni vont d'abord manquer de chance : lors de leur première transaction, début 1953, ils sont arrêtés au Texas avec la marchandise. Après avoir passé quelques mois en prison, ils sont extradés vers le Mexique où ils reprennent leurs activités. Et leur apport à la filière mexicaine a effectivement était par la suite d'une grande utilité. Du moins jusqu'en 1955, date à laquelle D'Agostino est arrêté.

Croce et Mondoloni, après avoir prit des contacts en Italie et en France, partent alors pour le Canada. À montréal, ils se rapprochent des pontes locaux, Lucien Rivard et les frères Cotroni, et vont s'associer avec eux dans le trafic d'héroïne. Une nouvelle filière est alors montée. Y prennent part Ansan Bistoni et son ami Gabriel Graziani, Dominique Nicoli, fournisseur d'héroïne et oncle de Mondoloni, Dominique Albertini, chimiste surdoué, et les frères Venturi, dont l'un, Jean, a été rencontré par Croce et Mondoloni au Canada. Le réseau utilise des voitures bourrées de poudre. Embarquées à Barcelone, elles sont ensuite envoyées à Montréal ou Véra Cruz d'où elles partent pour New-York. Cette filière permet à l'équipe de faire rentrer environ trente kilos d'héroïne aux États-Unis chaque mois.

À ce moment, Croce et Mondoloni sont des trafiquants aguerris et sont devenus des piliers de la French Connection avec leur ami Bistoni. En 1956, ils partent s'installer à Cuba où ils prennent des parts dans plusieurs boîtes de nuit et touchent des commissions sur les machines à sous de la Havane. Les derniers contacts avec la mafia sicilo-américaine qu'ils leur manquaient sont pris sur place et permettent de grossir les filières déjà existantes ou d'en créer de nouvelles.

Néanmoins, en novembre 1956, Paul Mondoloni est arrêté et extradé vers la France, malgré toutes les précautions qu'il prenait pour ne pas être pris, notamment les réguliers changements d'identités. Il y est jugé en mai 1957 pour l'affaire de la Bégum et n'écope que de deux ans de prison, et ressort dès juillet 1957 pour ensuite s'installer au Mexique. Par la suite, il ne cesse de voyager pour organiser le trafic : en France, en Espagne, à Cuba, en Amérique du Sud... Il semble aussi qu'il ait mit sur pied une filière passant par l'Italie en association avec des parrains siciliens, bâtisée du nom de "Pizza-Connection".

Paul Mondoloni est ainsi devenu l'un des piliers de la French Connection, même si son ami Croce aura prit un poids plus important que lui. À la différence près que Mondoloni, lui, ne se fera jamais pincer pour la came, alors que Croce écopera de dix-huit ans de prison en 1973.



Le Voyageurs de Retour devient un "Parrain de l'Ombre"

À la fin des années 70, Paul Mondoloni rentre en France et s'installe à Marseille avec son épouse nicaraguayenne. Malgré son âge et les apparences données par son attitude et ses fréquents voyages de repos en Corse, il n'est pas un truand à la retraite. Son étonnant carnet d'adresses lui permet de tirer les ficelles de bien des filières. Il est un monteur d'affaires. Vêtu élégamment, d'une grande courtoisie et très discret, dans l'ombre il joue un rôle centrale dans le Milieu français, fréquentant les grands noms de la pègre. C'est un juge de paix respecté que l'on consulte régulièrement. Passionné par les casinos, il aurait des parts dans celui de Bandol et d'autres en Afrique, et aura essayé de s'accaparer le casino Rhul de Nice.

En 1982, on pense qu'il a envoyé en Floride l'un de ses "poulains", Gilbert "le Libanais" Hoareau, ancien lieutenant de Zampa, pour régler son compte à Edgard Zemmour. Ce dernier avait en effet eu le malheur d'assassiner Marcel Francisci, roi du jeu parisien et grand ami de Paul Mondoloni.

En 1983, Mondoloni aurait eu le génie de réunir plusieurs des grands noms ou futurs grands noms du Milieu français autour d'une seule et même affaire. Cette année-là, Jean-Claude Kella lui demande en effet de prendre les dispositions nécessaires pour fournir de façon conséquente un américain du nom de Maneri, lui-même en contact avec la famille mafieuse des Benevento, pour alimenter un laboratoire clandestin à Ph½nix, en Arizona. Pour se faire, Mondoloni fait d'abord appel à Grégoire Leccia et son fils Jean-Marc pour lui trouver des fournisseurs de morphine-base. Les Leccia ont le contact nécessaire en Turquie. Pour l?investissement, Mondoloni aurait réussit à réunir Gilbert Hoareau, Tany Zampa et son bras droit Jean Toci, Jacky le Mat, Francis le Belge, Pierre Lothoz dit le Nat, caïd du milieu lyonnais, et enfin le toulonnais Jean-Louis Fargette, chacun devant investir aux alentours d'un million de francs. Participe aussi à l'opération Michel Régnier, fils du pilier toulonnais Louis Régnier, chargé de transporter la marchandise.

Ainsi, fin 1983, Régnier fait passer 300 kilos de morphine-base, cachés sur un yatch, de Turquie à Marseille, puis de Marseille aux Antilles et enfin des Antilles en Floride, la drogue étant ensuite acheminée jusqu'à Ph½nix. Là, dans une villa des Benevento, deux chimiste français, François Scapula et Charles Altieri, transforment la morphine-base en 148 kilos d'héroïne vendus ensuite à New-York par l'intermédiaire des Benevento. L'opération rapporte 240 millions de francs, dont au moins la moitié est revenu aux truands français, dont 15 millions pour chaque chimiste, 20 millions pour Mondoloni, et un total de 40 millions pour les Régnier-Fargette-Lothoz.

En cette année 1984, Mondoloni a parrainé une autre grosse affaire, tournant cette fois-ci autour d'un marseillais d'origine arménienne, André Manoukian dit le "Panzone", en association avec des passeurs italiens et israéliens, montée sur les filières déjà existantes de la "Pizza-Connection".

Mais la "retraite" de ce père tranquille qu'est Mondoloni va prendre fin en 1985. Le 29 juillet de cette année-là, âgé de 69 ans, Paul Mondoloni se rend vers 18 heures à la brasserie "les Danaïdes", en haut de la Cannebière, où il a ses habitudes. Soudainement, plusieurs hommes planqués dans une voiture font feu sur lui et l'abattent sur place. Le garde du corps de "Monsieur Paul" aura à peine eu le temps de riposter, en vain. Les obsèques de Mondoloni, dans sa ville natale de Sartène, seront grandioses.

Qui donc a put avoir la folie de s'en prendre à ce juge de paix qui n'était en mauvais termes avec personne? Il semblerait qu'il s'agisse de Jean Toci qui, après la mort de Zampa et le démantèlement de son empire, pensait Mondoloni complice de la chute du clan Zampa et capable de retourner sa veste à tout moment contre lui. À la suite de ce coup de folie, Toci se cachera un moment pour éviter les balles.

Avant de mourir, Paul Mondoloni aura tout juste eu le temps de préparer le terrain pourJean-Jé Colonna, qui depuis règne en maître sur la Corse du Sud.
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#Posté le dimanche 24 avril 2005 00:31

Modifié le dimanche 24 avril 2005 00:55

LE CLAN HORNEC

La jeunesse montreuilloise monte en puissance

Les frères Hornec (appelés aussi les frères "H", à l'instar de certains "Z"), Marc, Mario et Jean-Claude, ont commencé leur carrière au début des années 80, à Montreuil. Leur famille, des gitans sédantarisés, est installée dans la cité de la Boissière. La même cité que celle d'où vient Claude Genova, le gros voyou du moment. Du coup, les Hornec n'ont pas de mal à sa faire, un temps, une place à ses côtés pour taper quelques affaires. Mais assez vite, ils vont faire cavaliers seuls. Les personnes avec qui ils ont grandit leurs font confiance. Des maghrébins et des gitans pour la plupart. Leur activité centrale est propre à la nouvelle donne du Milieu : le braquage. Ceux tapés par l'équipe s'avèrent être de plus en plus audacieux. Le noyau dur de la bande, composé d'une dizaine de jeunes, prend de l'importance. Mais l'ascension des frères de Montreuil ne commence réellement qu'en 1989.

Cette année-là, le caïd de la capitale Claude Genova est écroué. Les Hornec voient donc leur ambition décuplée. À leurs côtés, on trouve certains futurs grands noms maghrébins du Milieu parisien, à savoir Ihmed Mohieddine et Nordine Mansouri, mieux connu sous le pseudonyme "la Gelée" (de l'arabe lagel, le veau). Petit à petit, les Hornec, menés par Marc, reprennent les affaires de Genova, notamment les bars à hôtesses. Mais pas sans difficultés. Ainsi en novembre 1993 est tué Michel Thiry, un ami des frères gitans, à Montreuil.

Claude Genova, qui a bénéficié d'une permission en février 1994, se met au courant des derniers gros coups tapés par le clan Hornec et décide de les mettre à l'amende. Ainsi ses hommes enlèveront la Gelée dans le but de lui faire avouer, de la manière la plus violente qu'il soit, les emplacements des magots de la bande. Une technique que Genova affectionne tout particulièrement. Mais l'un des ravisseurs n'est autre que le beau-frère de la Gelée. Ce dernier sera donc relâché contre une forte rançon. Puis Genova rentre en prison, et là les hostilités commencent.

En mai 1994, l'assassin de Thiry, Éric Pasquet, est abattu à Paris, suivit de Joël Guignon, tué le 12 juin à Nogent-sur-Marne. Le lendemain, c'est Féfé le Brochet qui tombe, le même jour que deux frères gitans proches des Hornec, victimes de l'instinct vengeur du dénomé Pépé. Le 20 août 1994, Claude Genova a droit à une autre permission. Deux truands indépendants poussés par les Hornec vont lui régler son compte : le 22 août 1994, Claude le Gros est abattu de trois décharges de fusil alors qu'il se trouve avec sa femme.

Les Hornec sont alors entièrement libres pour manoeuvrer et réinvestir l'argent issu des braquages de fourgons dans des bars, des restaurants et cinq boîtes de nuit. Mais les derniers fidèles de Genova n'ont pas dit leur dernier mot : dans la nuit du 23 au 24 mai 1995, deux boîtes des frères gitans sont plastiquées à Evry et Andilly, et un engin incendiaire est lancé à travers la vitre d'un restaurant du Perreux. Et le 3 août 1995, l'un des tueurs de Genova, Jean-Dominique Poletti, est descendu à Boulogne-Billancourt dans sa mercedes. Son complice, Kadda H. dit Karim, s'est lui enfui en Algérie.
Puis le calme revînt...



L'Esprit de Famille

La famille Hornec est très vaste (des équipes entières de police ont consacré plusieurs journées à établir l'arbre généalogique de la famille) et les liens qui l'unit sont très forts, donc pas de risque d'entourloupe ou de trahison entre eux. Par son étendu, le clan Hornec arrive à mettre dans sa poche les plus gros voyous parisiens. En effet, la fratrie aime être en bons termes avec tout le monde, s'associant tour à tour pour telle ou telle affaire avec différents voyous, braqueurs, trafiquants, ou autres.

Les Hornec sont de grands spécialistes du vol toutes catégories, et en particulier du braquage. Marc et Mario en sont de grands spécialistes, et aux côtés de professionnels comme la Gelée ou Ferrara, ils ont fait des ravages. Car en effet, pour les braquages, les frères Hornec n'hésitent pas à s'allier avec de grosses pointures du braco, comme Antonio Ferrara de la BS (dont ils auraient organisé l'évasion en mars 2003), ou Joseph Menconi, de Corse. Les trois frères ne seraient étrangers à aucun des gros braquages d'île-de-France qui ont eu lieu ces dix dernières années. Les sommes ainsi amassées sont énormes. Et c'est Marc, le chef de file du clan, né en 1966, qui se charge de les réinvestir, surtout dans les bars à hôtesses des quartiers chics de la capitale et dans des établissements de nuit. Et bien vite dans les machines à sous.

Jean-Claude Hornec, dit "Eddy Mitchel", lui, se tient quelque peu à distance des affaires de ses deux frères. Mais en sa qualité d'aîné, c'est lui que l'on écoute le plus et que l'on consulte le plus souvent. Pas question de foncer sans son assentiment. Il a d'ailleurs était inculpé dans une affaire de trafic de tableaux volés avec six autres personnes arrêtées en 2002 et 2003, dont trois ont des liens de parenté avec lui (Fabrice, Jacques et Thierry Hornec, neveux et cousins). Par ailleurs, cette bande est aussi soupçonnée de nombreux "saucissonages", aussi violents qu'intelligemment montés, effectués en Picardie, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Champagne-Ardenne, d'un vatse trafic de voitures de luxe volées sur les autoroutes, et de l'hold-up de l'hôtel des ventes de Fontainebleau (800 000 euros de joyaux dérobés).

Un policier parle de Marc Hornec et ses frères en ces termes : "il vit dans cette grosse baraque avec ascenseur, marbre blanc et canapés en cuir mais, dans le jardin, il a gardé une caravane. Toute la spécificité des Hornec est résumée dans cette image. Ils restent d'une simplicité extrême. Ils ont à la fois la grosse villa sur la côte et la caravane en Vendée. Ils peuvent un jour diriger un gros coup contre un transporteur de fonds et, le lendemain, monter en personne sur un braquage minable.



Démêlés judiciaires et Morts en série

Marc Hornec se concidère comme étant victime d'un acharnement judiciaire. Ce qui a le don d'irriter ses proches . Ainsi, il est une fois arrivé à ces derniers de prendre en filature des policiers en civil pour les passer à tabac. Ceux-ci sont allés se réfugier in extremis au 36, Quai des Orfèvres. Par ailleurs, Marc, qui est alors recherché pour trafic de stup, force en 1995 un barrage de police à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), où il possède une luxueuse villa. Il se fera finalement pincé par la brigade des stups en mars 1996 à Eurodisney, alors qu'il se trouve avec un de ses jeunes neveux. Il sera libéré faute de preuves. Ailleurs, dans le 93, des policiers ont demandé à être mutés après avoir eu un différent avec un Hornec.

Les trois frères ont apparemment le bras long. Ils semblent en tout cas très au faut de l'avancée des enquêtes qui les suivent. Bien qu'étant concidérés par toutes les polices comme étant les parrains de Paris, les Hornec possèdent un casier judiciaire bien léger. Officiellement, ils ne sont que de simples forains. Leurs avoctas, Giraud, Liénard et Achoui, leurs sont d'ailleurs d'une grande utilité.

Ainsi, le 31 janvier 2003 avait été libéré Marc Hornec de la prison de la Santé, au grand damne de tous les services de la PJ parisienne. Le magistrat en charge de l'affaire estimait que l'incarcération de Marc Hornec ne se justifiait pas. Ses avocats avaient d'ailleurs vite fait de réagir : durant un mois, ils n'avaient cessé de déposer des demandes de mise en liberté. Marc avait été arrêté un mois plus tôt, le 21 décembre 2002, pour le braquage de quatre algériens venus à Paris changer de l'argent en lingots d'or, en juin 1999. Des écoutes téléphoniques avaient permis d'entendre citer les prénoms "Marc" et "Mario". En 2004, rebelotte. Alors qu'il avait été arrêté en mars, visé par deux mandats d'arrêt et recherché pour un vol en bande organisé, Marc Hornec est libéré de Fresnes quelques mois après son incarcération.


Par ailleurs, le juteux marché des machines à sous voit arrivé de plus en plus de truands dans ses rangs. Surtout à partir de la fin des années 90. Certains d'entre eux semblent vouloir prendre leur envol en oublaint les frères Hornec. Ces derniers vont faire place nette. Le 18 octobre 1999, au matin, Farid Saana, dit l'Écureuil, reçoit onze balles de 11.43 et deux chargeurs de fusil de chasse Place des Ternes. Antonio Lagès est tué l'année suivante, le 23 octobre 2000, de deux balles de Brenneck, avenue Georges-V. Djilalai Zitouni s'éteind le 21 juillet 2001 à Gennevilliers. Puis c'est Patrice Roma qui est abattu, en décembre 2001, dans le XIe arrondissement.

Mais le règlement de compte qui a fait grand bruit dans ces années concerne un enjeux bien plus important que quelques "baraques" : le quartier des Champs-Élysées et de l'Étoile, appelé le "Triangle d'Or". Le racket, les machines à sous et la prostitution y rapportent des sommes colossales. Et l'homme qui a décidé de régner sur tout ce monde n'est autre que le bien connu Francis le Belge, secondé par un autre "beau mec" marseillais : Joël le Libanais. Ils tiennent bien le quartier. Peut-être trop au goût des Hornec : le 27 septembre 2000 est abattu de sept balles de 11,43 Francis le Belge, dans un bar du VIIIe. La rumeur désignait Zitouni comme le commanditaire, ce qui est sûrement faux. S'il n'a pas été tué par les Hornec, il a été victime des vengeurs du Belge, qui ont pris le "fausse" (?) rumeur pour une réalité.



Quel avenir pour le clan Hornec? Certains estiment que leurs dernières démêlés judiciaires les ont fortement affaiblie. Jean-Claude est actuellement en prison (enfin, je crois) pour l'affaire du trafic de tableaux volés, et Marc, recherché dans plusieurs départements, serait en hôpital psychiatrique (simulation?). Certains l'aurait aussi apperçut à Menton et dans des boîtes de nuit parisiennes.





ARTICLE DE L'INVESTIGATEUR SUR LES FRÈRES HORNEC

ARTICLE SUR LES HORNEC ET SUR LA LIBÉRATION DE MARC HORNEC EN JANVIER 2003
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